vendredi 3 août 2012

Un matin lumineux


5.30 hres, le sommeil s’en est allé.  La nuit, elle, s’étire.  La lune laisse descendre ses rayons lumineux sur une mer à peine parcourue d’un léger frisson.
Tout doucement, sans bruit, la nuit  fait place à l’aube et je ne peux résister à l’envie de parcourir une dernière fois la bananeraie qui conduit aux mornes dans l’arrière pays de St-Marc.  Ma tête pense au risque, si minime soit-il, mon âme à la beauté, à la liberté.  J’amène mon arme secrète : un sourire tout en lumière et des bonjours qui attirent la gentillesse; les passants me les rendent bien.   Sans vouloir être prétentieuse, je me sens lumineuse en dedans.
Sur ma route, un âne brait, un cheval hennit, un cabri bêle.  Un poulain nouvellement né est léché par sa mère.  Quelques mètres plus loin c’est un veau qui titube en essayant de faire ses premiers pas.    Je suis émerveillée.  À l’arrière plan, quelques rayons de soleil éclaboussent les mornes avec un soupçon de brune. 
Trois jeunes haïtiens m’accompagnent pour quelques cent mètres sur la route.  Et là, attention Marcel, car tu as de la concurrence.  Un d’eux, me dit ‘ j’aime ta façon de marcher, tu es la plus belle femme que j’ai rencontrée.  Je vais me souvenir de moi tous les matins en m’éveillant’.  Je sais que ce n’était pas tout à fait désintéressé… mais il m’a bien amusée; ces haïtiens sont si charmeurs.
Soudain, un gros tas de pierres sur la route et une vingtaine de personnes surtout des femmes.  Elles prennent les cailloux, un à un, les installent sur leur tête en ayant au préalable posé un genre de coussin protecteur et les transportent  plus loin sans doute pour faire un canal afin de laisser passer l’eau.  Je trouve leur travail admirable. 
Ce début de journée ‘m’énergise’ et se grave dans ma mémoire comme un moment de vie tout à fait exceptionnel.     

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire