Mes dernières semaines sont remplies à craquer d'activités de tous genres ce qui me rend très heureuse; je sais que l'ennui et l'anxiété du retour ne viendront pas mettre un voile sur sur cette magnifique expérience.
Après une dernière visite dans chacune des régions et une formation à Port au Prince avec mes partenaires, je concrétise avec l'un d'eux le magasinage des tissus en République Dominicaine. Quoique la chasse aux trésors n'ait pas été aussi fructueuse que je le souhaitais, l'expérience elle peut s'inscrire dans les annales. 10 heures d'autobus dont au moins 3 juste pour passer à la douane dominicaine, c'est quelque chose à vivre.... (Heureusement j'étais fatiguée et j'en ai profité pour faire le plein d'énergie). Il y règne un cafouillage indescriptible. D'abord 1.30 hres d'attente dans l'autobus pour entrer à la douane et c'est là que l'accompagnatrice décide de nous remettre nos passeports et cela prend 20 minutes; comme si nous n'avions pas assez attendu... Ensuite, mon passeport est inspecté, analysé pendant 15 minutes et je dois par surcroît .refaire la file pour présenter mon formulaire d'entrée.
De retour de la République, je repars dès le lendemain matin pour refaire la grande randonnée en montagne de Furcy à Séguin. Que de plaisir pour mes yeux encore... Au retour, le camion s'enlise avant de revenir nous prendre et nous devons nous sacrifier pour prendre un bon souper, bien arrosé de vin, dans un magnifique lodge au coeur de la montagne.
Pour ma dernière journée, mon partenaire nous fait l'honneur de nous inviter chez lui, toujours dans la montagne, avec juste un air légèrement frais, et un bain bi-culturel (haïtiens et canadiennes (du Québec et de Toronto).
Je dors profondément pour ma dernière nuit sachant que l'heure du retour a sonné et que l'avenir me réserve encore une vie bien remplie, des retrouvailles agréables avec des gens qui me sont chers.
lundi 20 août 2012
Merci Haïti
Merci la vie de m’avoir
conduite vers cette contrée, vers ce mandat, vers ces personnes extraordinaires
avec qui j’ai travaillé ou partagé des moments si riches, agrémentés de
collégialité, de complicité, d’amitié, de partage.
Ces six mois m’ont souvent
permis de ressentir le bien-être intérieur et surtout d’avoir le sentiment
d’être à ma place, de remplir la mission de vie qui m’était assignée. Je repars remplie de découvertes, de
reconnaissance, de paysages magnifiques, pleine de confiance en l’avenir. Je sais, si je me projette au terme de ma
vie, qu’un sentiment d’accomplissement de moi sera accolé à cette période et qu’il
fera partie de mes fiertés.
Je suis allée jusqu’au bout
d’une expérience qui m’amenait loin des sentiers battus, loin de ma zone de
confort et pourtant, j’y ai été très confortable; la venue de Marcel y ayant
contribué largement puisqu’il m’a donné le bonheur de vivre en duo 8 de mes 24
semaines de présence en sol haïtien.
C’est avec gratitude que je touche à son geste d’amour pour moi et à son
dépassement personnel.
Pour ce pays, pour ses gens
qui l’habitent, j’ai deux souhaits :
une vie plus harmonieuse où l’ordre
prendra le dessus sur le désordre et la paix sur le chaos
et
une nature plus respectée où
chacun, chacune en prendra soin, où chacun, chacune se chargera de lui rendre
sa beauté, de la protéger. Je ne garde que ce mauvais souvenir de cette île de
rêve car présentement elle est souillée, abîmée sans aucune considération.
Je ferme cette parenthèse qui
me laisse un goût amer. Pendant mon
séjour, je regardais au loin pour ne voir que la beauté et là je me plonge dans
les trésors intérieurs qui sont nés ou qui ont grandi au sein des gens que j’ai cotoyés, aussi attachants les uns
que les autres et de ce coin de terre, de mer, de montagnes aussi majestueux
que la création l’a bien désiré.
vendredi 3 août 2012
Un matin lumineux
5.30 hres, le sommeil s’en est allé. La nuit, elle, s’étire. La lune laisse descendre ses rayons lumineux
sur une mer à peine parcourue d’un léger frisson.
Tout doucement, sans bruit, la nuit fait place à l’aube et je ne peux résister à
l’envie de parcourir une dernière fois la bananeraie qui conduit aux mornes
dans l’arrière pays de St-Marc. Ma tête
pense au risque, si minime soit-il, mon âme à la beauté, à la liberté. J’amène mon arme secrète : un sourire
tout en lumière et des bonjours qui attirent la gentillesse; les passants me
les rendent bien. Sans vouloir être
prétentieuse, je me sens lumineuse en dedans.
Sur ma route, un âne brait, un cheval hennit, un cabri
bêle. Un poulain nouvellement né est léché
par sa mère. Quelques mètres plus loin
c’est un veau qui titube en essayant de faire ses premiers pas. Je suis émerveillée. À l’arrière plan, quelques rayons de soleil
éclaboussent les mornes avec un soupçon de brune.
Trois jeunes haïtiens m’accompagnent pour quelques cent mètres
sur la route. Et là, attention Marcel,
car tu as de la concurrence. Un d’eux,
me dit ‘ j’aime ta façon de marcher, tu es la plus belle femme que j’ai
rencontrée. Je vais me souvenir de moi
tous les matins en m’éveillant’. Je sais
que ce n’était pas tout à fait désintéressé… mais il m’a bien amusée; ces haïtiens
sont si charmeurs.
Soudain, un gros tas de pierres sur la route et une
vingtaine de personnes surtout des femmes.
Elles prennent les cailloux, un à un, les installent sur leur tête en
ayant au préalable posé un genre de coussin protecteur et les transportent plus loin sans doute pour faire un canal afin
de laisser passer l’eau. Je trouve leur
travail admirable.
Ce début de journée ‘m’énergise’ et se grave dans ma mémoire
comme un moment de vie tout à fait exceptionnel.
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