mardi 15 mai 2012

Je suis bénie




  • Jeudi matin 6 hres, nous partons (Catherine, Jonathan et
    moi) pour la Grande Anse qui se trouve dans le sud-ouest d’Haïti . Dès que nous quittons Port au Prince le paysage se métamorphose. Nous longeons la mer pour ensuite traverser l’île quoique très étroite dans cette partie. La nature nous gâte par sa splendeur, ses couleurs, sa richesse. Après la mer, c’est la forêt tropicale qui nous charme. Il y a tant de beauté sur cette île que c’est un péché de ne pas la protéger davantage, la caresser, la dorloter, la choyer. J’ai appris à n’y voir que la beauté en regardant au loin quoique, dans
    cette région, c’est beaucoup mieux entretenu. En fait, c’est la région la plus touristique la plus prisée d’Haïti.

    La route pour Jérémie en en construction donc assez
    cahoteuse par endroit et très sinueuse. Mon petit cœur en souffre un peu et je dois fermer les yeux par moment. Je profite de chaque instant de répit pour admirer le paysage et me gaver de décors sans contredits uniques et invitants.

    La petite auberge de Jérémie nous accueille chaleureusement. Elle est très coquette, propre et stylisée. Son escalier me fait
    envie; de belles grandes marches en bois d’origine, vieillottes. Les planchers à l’étage sont tout aussi typiques. La terrasse est agréablement aménagée, garnie de plantes vertes, de fleurs, de tables, de chaises berçantes. Il fait bon s’y reposer.

    Le lendemain nous poursuivons notre route vers Abricot en
    suivant la mer qui nous offre, avec ses côtes, des points de vue spectaculaires. Si on pensait que la route de Jérémie était
    cahoteuse, nous n’avions rien vu. Notre corps est ballotté comme une marionnette au gré des pierres, des trous, des courbes, des soubresauts. Après deux heures de brassage, nous mettons le pied à terre avec empressement. Notre petite auberge, infiniment rustique,
    déplore quand même un certain charme grâce à sa proximité avec la mer. Nous avons le bonheur de souper en regardant le coucher de soleil se poser sur les eaux tout en faisant son festival des couleurs.
    Je n’aurai jamais dormi si près de la mer, c’est une vraie bénédiction. Le bruit des vagues répète son rouli-roulant dans mes oreilles et me procure un sommeil apaisant et des périodes de méditation relaxantes avant de reprendre la route vers Roseau.
    Nous sommes invités par l’ami de Catherine qui a mis sur
    pied un orphelinat qui offre le gîte à 25 enfants défavorisés et une centaine d’étudiants. Nous partageons notre l’après-midi avec des enfants du village qui assistent à la rencontre des scouts : rires, chants et jeux sont au programme. Le poulet cuit à l’haïtienne est délicieux tout comme les bananes frites et le poisson. Une petite partie de domino avec quelques enfants de l’orphelinat
    agrémente la soirée.

    Nous devons déjà penser au retour. La route s’est détériorée à cause de la pluie; un autobus s’enfonce dans la boue et nous voilà retardés de 1.30 hres. Nous décidons tout de même de faire un détour à Port-Salut. C’est sans aucun doute la plus belle fille d’Haïti que j’ai vue. Le jeu en valait la chandelle. La route est tout aussi plaisante à voir et admirer. Je suis repue , prête à poursuivre ma mission et à attendre mon amoureux pour une dernière semaine.

samedi 5 mai 2012

On parle travail

C'est ma 3e journée de formation en comptabilité. Je suis assez satisfaite parce ce que je me suis adaptée à chacun des groupes. Je pensais tout faire en une journée mais je me suis rendue compte que c'était trop. Ils sont très motivés, font les exercices consciencieusement et déterminés à mettre en pratique l'apprentissage.

Pour moi, c'est aussi un exercice de développement personnel. Je dois me parler pour être patiente, attentive à leur rythme plutôt qu'au mien. C'est beaucoup plus facile d'aller vers ceux qui saisissent rapidement; mon petit côté performant refait surface mais mon rôle c'est d'aider tout le monde. À quoi ça servirait de donner beaucoup de matière s'il ne peuvent pas l'intégrer. Dans tous les groupes, il y en a qui captent très facilement et d'autres qui n'y arrivent pas mais ils apprennent tous quelques notions. Un autre côté positif: ils pratiquent leur français car n'oublions pas que leur langue maternelle c'est le créole. En plus de la matière, il y a la barrière de la langue.

J'ai appris quelques mots en créole: genyen ampil = il y en a beaucoup kouman ou ye = comment ça va? Pa pi mal = pas mal
An fòm = en forme. Quelquefois je saisis le sens du créole car il y a beaucoup de mots français, d'autres fois, je ne comprends rien.

L'école où je suis actuellement est située près des jardins de Dessalines. Ce sont de grandes étendues de culture de maïs, de tomates, de courges, de riz, etc.. C'est très bien pour se balader; j'y ai déjà marché 2 fois et ça m'a permis d'apprécier Dessalines car la ville n'est pas particulièrement charmante. Cet après-midi nous allons gravir la montagne pour voir la ville et les champs de haut, avec une autre perspective.

Il fait très chaud à Dessalines mais la nuit je réussis quand même à dormir sans ventilateur car il y a une petite fraîche. Je n'aime pas beaucoup dormir avec cet engin. Je crois que le vent sur moi me donne la sinusite.

Je termine ce blog en vous partageant que dans un peu plus de 2 semaines, Marcel arrivera. Je suis vraiment contente car je m'ennuie de sa présence, de ses bras, de partager sa vie, mon temps avec lui. Heureusement, je peux le voir et lui parler par Skype.