mercredi 28 mars 2012

Plein la vue

Enfin, je sors au grand air, la montagne m’attend. Je suis vraiment excitée à l’idée de pouvoir
marcher, marcher et marcher pendant des kilomètres. Mais d’abord nous devons passer prendre
d’autres volontaires. Imaginez-vous, ils
sont embarrés dans leur maison. Nous
mettons au moins 30 minutes pour trouver quelqu’un afin de déverrouiller la
porte. On ne néglige en rien sur la
sécurité mais un excès de sécurité peut-il être une source de danger, la
question se pose.
Toujours est-il que nous finissons par nous consacrer à
notre activité. Le chauffeur nous laisse
en montagne à environ 2 heures de route de Port au Prince et là notre ascension
débute. Mes yeux sont vraiment
impressionnés par les paysages à couper le souffle. Quelle vue nous avons sur les montagnes avec
ses ravins plongeants, sa verdure, ses buttes, ses sommets qui se livrent
bataille.
Samedi c’est jour de marché par surcroit. Nous sommes témoins des activités
journalières de ces habitants. Les
femmes portent des fardeaux vraiment impressionnants; j’essaie de soulever un
immense sac de thym mais je n’y arrive pas.
Il pèse au moins 50 livres, que de travail… Le
plus cocasse ce sont les femmes qui portent sur leur tête des paniers de poules
afin de les vendre au marché.
La vie semble bien dure dans ces montagnes mais la
gentillesse des gens est toujours au rendez-vous. Après 5 heures de marche incluant des pauses,
nous arrivons dans une belle forêt de pin tout en haut de la montagne puis à
notre gite pour la nuit. Nous évitons la
pluie de justesse. La bouffe typiquement haïtienne remplie nos estomacs vides
après tant d’efforts. Je dors ensuite d’un
sommeil de plomb dans notre campement quoique vraiment très modeste.
Le lendemain, nous poursuivons notre route. Après un Km de marche, la mer se dessine tout
en bas et nous accompagne tout au long du chemin du retour. C’est absolument sublime et nous sommes
invités à la contemplation. Nous
appelons notre groupe les joyeux troubadours et risquons quelques chansons pour
agrémenter le tout. Après 5-6 heures
de marche, un chauffeur nous cueille sur la route déjà muni de bières dont nous
nous délectons avant d’aller nous rafraîchir dans cette mer turquoise.
Croyez-moi c’est une belle récompense pour la semaine de
travail qui s’est déroulée à glaner de l’information pour m’approprier le
contexte, bien comprendre les enjeux et jouer mon rôle de conseillère. Je crois que je suis à la bonne place et je
prends les difficultés qui se présentent comme des sources de développement
personnel. Deviendrais-je sage???

dimanche 18 mars 2012

Entre Haiti et moi

Photo prise à la plage dimanche dernier
La routine s'installe entre ma retraite et mon partenaire. Chaque jour je fais un saut dans les locaux d'Indepco pour accomplir mon mandat. Je dois user d'astuces pour asseoir mon partenaire; une vraie queue de veau. Le téléphone sonne, il signe des chèques, répond aux questions de production, part rencontrer le président et j'en passe.
Parlant de stratégie, je l'ai invité à souper jeudi pour le garder égoïstement pour moi. Notre rendez-vous a été remis à vendredi et finalement c'est samedi que nous travaillons chez lui dans les montagnes à 1000 mètres d'attitude. Alors qu'à Port au Prince la température avoisinait les 30 degrés, chez lui les frissons m'habitaient. Sensible à mes besoins, il me prête chaleureusement un coton ouaté. Le tout se termine par un souper typiquement haïtien: un ragoût de cabri (chevreau). C'était délicieux.
Il est actif, impliqué dans la société pose des gestes concrets et tangibles. Une centaine de personnes de la Cité Soleil ont été formées en couture et un projet de former 400 personnes au Cap Haitien se met en branle. 60000 uniformes scolaires seront fabriquées et l'obtention d'un contrat pour 150000 autres s'inscrit dans les projets. Il rêve de relancer l'industrie de la couture en Haïti pour créer des emplois.
Je peux vous dire toutefois qu'après 5 hres dans les locaux d'Indepco, j'atteins mon seuil de tolérance. L'endroit où je travaille est situé dans la porte d'entrée, tout le monde circule, il y a beaucoup de bruit, l'air climatisé est très froid. Un stagiaire m'accompagne, il ne parle pas très fort et j'ai besoin de toute mon attention pour bien le comprendre. Je me réserve donc du temps pour travailler de mon appart dans le calme et en communication avec moi-même.
30 minutes par jour sont consacrées à fouler les marches du site et 30 à activer l'eau dans la piscine; mon corps et mon esprit réclament l'action. La soirée ressemble à souper avec mon amoureux (et oui grâce à notre ami skype), quelques parties de scrabble, un brin de lecture et de l'introspection.
Cette retraite me permet d'approfondir la connaissance de moi-même et de découvrir des aspects qui ne m'étaient pas familiers. La patience et la tolérance deviennent de plus en plus mes amies. J'apprivoise la solitude et découvre le côté un peu sauvage de moi-même. Je suis reconnaissante pour les moments qui me connectent à mon âme.

samedi 10 mars 2012

Premières impressions

C'est avec reconnaissance chers lecteurs et lectrices que j'entreprends ce blog. J'aime écrire et vous êtes ma source de motivation. Merci.
Le plus difficile, cette fois, c'est de partir car je laisse une partie de moi; Marcel. Je vis le déchirement de la séparation, un mélange de culpabilité, la certitude que je connaîtrai l'ennui sans toutefois perdre ce sentiment intérieur que je suis ma voie et qu'au terme de l'expérience je serai fière de m'être réalisée pleinement. Mon voyage à Montréal, avec Émilie, met un baume sur mon coeur et Skype, mon précieux ami, me sécurise car je pourrai voir et placoter avec tous ceux et celles qui me sont chers.
Aucun pincement de coeur sur l'avion, comme si ce que je vivais m'était déjà familier. Toutefois en m'étirant le cou vers le hublot, je vois cette île qui sera mienne pour 6 mois et je la trouve très belle, avec son paysage tout en relief. Arrivée sur le sol ferme et en contact avec la nature, une émotion difficilement descriptible se loge tout au creux de moi; je suis ici pour 6 mois.
Dès mercredi je prends possession de mon appart, c'est très bien. J'ai l'impression d'être sur un site de villégiature, en vacances. Il n'y a pas de mal à joindre l'utile à l'agréable, n'est-ce pas? L'inconvénient, je ne peux pas sortir sans chauffeur attitré. Je trouve quand même le moyen de faire de l'exercice: je fais 10 fois le tour du site, avec ses quelque neuf cents marches donc environ 2 fois la Terrasse Dufferin. Ensuite, je saute dans la piscine.
Je suis sortie faire mon épicerie; rien de croustillant à raconter car c'est un immense magasin général où on trouve de tout. Les prix sont similaires à chez-nous. Master Card a désactivé ma carte et j'ai dû compter tous mes sous pour payer mon épicerie. Ouf! j'y suis arrivée.
J'ai rencontré mon partenaire. J'ai été accueillie par une remise de diplôme. Indepco a formé, en couture, plusieurs personnes qui étaient sans emploi. Ce qui est encourageant c'est de voir que ça bouge, qu'il se réalise des choses concrètes. Pour clôturer l'événement, un spectacle avec des locaux était présenté. Je suis impressionnée par le talent et l'investissement des gens.
À l'instant mon partenaire m'appelle et il sera ici dans 30 minutes. À la prochaine. Doris