Enfin, je sors au grand air, la montagne m’attend. Je suis vraiment excitée à l’idée de pouvoir
marcher, marcher et marcher pendant des kilomètres. Mais d’abord nous devons passer prendre
d’autres volontaires. Imaginez-vous, ils
sont embarrés dans leur maison. Nous
mettons au moins 30 minutes pour trouver quelqu’un afin de déverrouiller la
porte. On ne néglige en rien sur la
sécurité mais un excès de sécurité peut-il être une source de danger, la
question se pose.
Toujours est-il que nous finissons par nous consacrer à
notre activité. Le chauffeur nous laisse
en montagne à environ 2 heures de route de Port au Prince et là notre ascension
débute. Mes yeux sont vraiment
impressionnés par les paysages à couper le souffle. Quelle vue nous avons sur les montagnes avec
ses ravins plongeants, sa verdure, ses buttes, ses sommets qui se livrent
bataille.
Samedi c’est jour de marché par surcroit. Nous sommes témoins des activités
journalières de ces habitants. Les
femmes portent des fardeaux vraiment impressionnants; j’essaie de soulever un
immense sac de thym mais je n’y arrive pas.
Il pèse au moins 50 livres, que de travail… Le
plus cocasse ce sont les femmes qui portent sur leur tête des paniers de poules
afin de les vendre au marché.
La vie semble bien dure dans ces montagnes mais la
gentillesse des gens est toujours au rendez-vous. Après 5 heures de marche incluant des pauses,
nous arrivons dans une belle forêt de pin tout en haut de la montagne puis à
notre gite pour la nuit. Nous évitons la
pluie de justesse. La bouffe typiquement haïtienne remplie nos estomacs vides
après tant d’efforts. Je dors ensuite d’un
sommeil de plomb dans notre campement quoique vraiment très modeste.
Le lendemain, nous poursuivons notre route. Après un Km de marche, la mer se dessine tout
en bas et nous accompagne tout au long du chemin du retour. C’est absolument sublime et nous sommes
invités à la contemplation. Nous
appelons notre groupe les joyeux troubadours et risquons quelques chansons pour
agrémenter le tout. Après 5-6 heures
de marche, un chauffeur nous cueille sur la route déjà muni de bières dont nous
nous délectons avant d’aller nous rafraîchir dans cette mer turquoise.
Croyez-moi c’est une belle récompense pour la semaine de
travail qui s’est déroulée à glaner de l’information pour m’approprier le
contexte, bien comprendre les enjeux et jouer mon rôle de conseillère. Je crois que je suis à la bonne place et je
prends les difficultés qui se présentent comme des sources de développement
personnel. Deviendrais-je sage???
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