dimanche 29 avril 2012

Je suis bien entourée

Je voulais déjà vous parler de ces jeunes femmes avec qui je partage mon expérience en Haïti. Ma première question est pourquoi choississent- elles d'être volontaire. Certaines pour acquérir de l'expérience et avoir plus de facilités à se trouver un travail mieux rémunéré par la suite. D'autres parce qu'elles suivent leur mission de vie. Dans tous les cas parce qu'elles y croient vraiment à l'aide internationale. Je ne peux qu'être admirative devant leur démarche. Elles ont un très bon bagage académique, souvent un maîtrise et il y en a une qui va même entreprendre son doctorat. Imaginez elle va faire une recherche pour toute la question des toilettes dans les pays en voie de développement. Elles sont belles, elles sont intelligentes, elles sont motivées tout ce qu'on peut demander à la vie quoi. Pour moi c'est un souffle de jeunesse qui contribue à rendre mon expérience agréable et riche. Elles ne peuvent remplacer mes filles mais le fait que nous nous soyons adoptées mutuellement me réconforte et met un baume sur mon coeur.

Côté travail, je suis aussi enchantée du processus de développement avec les gens de la région de l'Artibonite. Ils sont motivés, intéressés à apprendre et désireux de s'en sortir. J'ai droit à un petit budget pour faire des activités avec eux. Je leur ai dit que je préférais payer soit pour un formateur en couture soit pour chercher des moyens de s'approvisionner en tissu plutôt que pour des lunch (lors de formation) comme ils sont habitués et ils ont accueilli ma suggestion avec empressement. Pour moi c'est un bon signe. Leur reconnaissance me touche beaucoup et me nourrit. Je me sens à ma place. Je concentre mes énergies avec les personnes qui sont les plus impliquées et accepte le choix des autres.

mardi 10 avril 2012

Au coeur des Ra-Ra


Ça y est, nous partons pour la fin de semaine de Pâques à
Jacmel; une destination touristique d’Haïti.
Croyez-le ou non, je devais partir avec une seule autre volontaire et
finalement nous nous retrouvons onze dont dix femmes. L’organisation s’en trouve par le fait même de beaucoup compliquée mais, nous y arrivons avec la collaboration de tous et notre logisticienne. Celles qui viennent des autres communes sont réparties et hébergées pour la première nuit dans nos appartements à Port au Prince, après avoir partagé un BBQ agrémenté par la musique haïtienne.
Vendredi matin, huit heures sonne, la ponctualité de tous
est au rendez-vous et nous entassons nos bagages pour le départ. La sortie de la ville ne se fait pas sans ambages. Les rues regorgent de défilés du Chemin de croix du vendredi saint et nous obligent à quelques détours tandis que l’achalandage des marchés en bordure de la route
ralentit notre vitesse de croisière.
Notre patience est récompensée par l’arrivée des montagnes qui séparent Port au Prince de Jacmel. Je ne me lasse pas de ces paysages extravagants de par leur profondeur, leur escarpement sans oublier les coups d’œil sur la mer des Caraïbes. Ajoutez à cela le soleil qui plombe et le tout prend l’allure d’un pays de rêve exception faite bien sûr de la pauvreté qui y demeure et aussi par endroits de l’encombrement de déchets.
Deux heures et demie plus tard notre arrivée est soulignée chaleureusement par les volontaires de cette commune, le partage des chambres se règle somme toute facilement et nous optons soit un bon dîner au restaurant ou un lunch au bord de la mer. Devinez mon choix? Aucun restaurant ne pourra compenser pour moi l’attrait de la nature. Le programme de l’après-midi se résume à profiter de la mer, de la plage pour fainéanter et délier mes jambes en parcourant le bord de mer tout en ne cessant de jeter des regards rêveurs en direction des montagnes.
Au retour, nous sommes accompagnés par les Ra-Ra, les adeptes du Vaudou qui serpentent les rues en emplissant l’air des sons propulsés par leurs instruments de musique et de leurs chants. Notre véhicule est
complètement entouré de marcheurs et danseurs. Heureusement, tout se déroule dans le plus grand calme.
Nos organisateurs(trices) de Jacmel nous proposent la découverte du bassin bleu pour le samedi matin. La route nous conduit vers la montagne en traversant d’abord quelques rivières mais attention il n’y a pas de pont. Les véhicules menés de mains de maître par nos chauffeurs se fraient un chemin tantôt dans les rivières, tantôt sur le chemin un peu boueux car les nuits sont souvent arrosés de pluie et la route n’est pas pavée. Une petite marche de vingt minutes sur le sentier du bassin nous conduit à destination. En fait, la nature a doté cette région de trois bassins d’eau bleutée (s’il y a absence de pluie), plutôt verte avec une pluie légère et brune avec abondance de pluie. Nous nous en tirons
avec la couleur verte qui est probablement due aux minéraux présents dans l’eau.
Pour profiter pleinement de bassin bleu nous devons nous y lancer afin
d’aller découvrir la chute tout au fond, se faire masser par ses jets
puissants, plonger ou sauter comme les enfants, nager tout au bas de la chute pour se laisser emporter par son tourbillon. J’aurais pu me croire dans le film ‘Le lagon bleu’ mais mon amoureux n’était pas là pour cette fois mais ce n’est que partie remise. L’après-midi est consacré à une marche jusqu’au centre ville, la visite de quelques boutiques et une petite sieste.
Dimanche matin, sitôt réveillée, je sors à pas feutrés pour aller arpenter Jacmel. J’emprunte d’abord un parcours connu pour ensuite laisser mes pas piétiner d’autres voies qui me conduisent à l’archevêché où la messe est célébrée et ensuite au bord de la mer là où elle est plus sauvage. Elle montre parfois ses crocs, dessine un contour de pierre aux dents acérés mais laisse ses vagues se déposer tout en douceur sur la plage sans pour autant minimiser son fracas sur les rochers. Je suis seule mais pas tout à fait ; quelques vaches et cabris broutent paisiblement ce qui ne fait que rendre ce moment encore plus magique et riche en spiritualité. Au retour, nous nous préparons un bon brunch arrosé d’un cocktail de mousseux. C’est déjà le moment du retour mais il n’y a pas de tristesse, seulement un cœur rempli de richesses.